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L'augmentation de la matière organique a permis d'améliorer les sols du nord de la Colombie Britannique

Les fourrages assurent l'avenir de cette exploitation familiale

Reuben Loewen (gauche)
Reuben Loewen (gauche)

Lorsqu'il est déménagé de la Saskatchewan pour s'installer à Peace Country (Pays de la paix), situé dans le nord de la Colombie Britannique (C. B.), Reuben Loewen a dû changer ses pratiques agricoles. Le plus grand changement a été l'abandon du blé auquel il était habitué dans sa province natale.

Ensuite, il a fallu apprendre à augmenter la productivité des sols gris forestiers de son exploitation agricole, située au nord de la C. B., près de Prespatou.

Aujourd'hui, un effort concerté autour de la culutre de fétuque fourragère a permis d'améliorer ces sols et d'établir une fondation solide pour la ferme de Reuben et Arlene Loewen, qu'ils exploitent désormais avec leur fils Grant.

« Lorsque je suis arrivé dans la région, j'ai d'abord cultivé le blé parce que c'était ce que j'avais toujours cultivé. Mais cette terre est tellement mieux adaptée aux graminées et aux légumineuses. Je cultive la semence de fétuque et mon objectif est d'obtenir avant le début de l'hiver des plantes à qualité constante qui sont fortes, saines, belles et vertes, de bonne taille et espacées entre elles. »

« Dans mes sols, je veux que les éléments nutritifs soient disponibles lors de trois périodes critiques de l'année au cours desquelles la plante en a besoin : au printemps, lorsqu'elles commencent à pousser, au moment du tallage et lors de la production des graines. »

La matière organique comme facteur clé

La matière organique a fait l'objet de beaucoup d'attention.

« Pour moi, la matière organique du sol est l'essentiel, explique M. Loewen. Les cultures qui vivraient sans matière organique de sol ressembleraient à des personnes qui essaient de vivre sans manger de protéines. La matière organique est l'hôte des nutriments de la plante. »

« Ça me tracasse vraiment quand je vois la paille et tous les résidus de culture retirés des champs et la terre cultivée, jusqu'à ce qu'elle soit exposée au ruissellement de la fonte de la neige qui emporte le sol au printemps. Nous avons fait l'expérience de ne pas avoir de bonnes matières organiques et cela a une influence sur tout. »

« J'ai augmenté la matière organique dans mes sols de 2 %, quand j'ai commencé, à 6 à 7 % parce que je cultivais de la fétuque. »

Reprise des sols

M. Loewen a mis en place des mesures pour récupérer la couche arable lorsque celle ci se trouve lessivée des champs. Il s'est servi d'un racloir pour ramasser ce sol et pour le retourner au champ. Ensuite, il a élaboré une stratégie pour remettre cette terre dans un état plus maniable.

« Nous avons compris que nous ne pouvons pas arrêter l'eau, mais que nous pouvons la guider, explique t il. Ainsi, nous dévions le ruissellement de l'eau depuis les endroits instables vers un undroit que nous avons stabilisée. À certains endroits, nous avons utilisé de vieux pneus de camion pour construire des barrages et des terrasses dans des ravins creusés par l'érosion du sol. Nous avons été en mesure de ralentir le ruissellement de l'eau et de faire pousser de l'herbe. Le moment venu, nous retirons les pneus afin de pouvoir manœuvrer avec notre équipement agricole. »

Engagement de gérance

Les fortes convictions de M. Loewen au sujet de la gérance sont claires lorsqu'il parle de l'avenir de l'agriculture.

« Un vrai agriculteur est une personne attachée à la terre. Les agriculteurs doivent faire attention pour ne pas devenir des vendeurs d'équipement. En agriculture, nous pouvons devenir trop absorbés par le résultat net. Nous devons toutefois nous souvenir de la façon dont nous sommes arrivés à ce résultat net. »

L'univers entier repose sur les premiers six pouces de surface du sol, a t il déclaré.

« Nous ne pouvons pas vivre sans la couche arable et nous devons nous réveiller avant qu'elle ne soit entièrement détruite. Il faut mille ans pour produire un pouce de couche arable dans le centre de la Saskatchewan. Il doit en falloir encore plus dans les sols gris forestiers et minces de notre région. »

« La couche arable c'est comme pour la famille. Si vous avez une famille heureuse, vos enfants sont heureux. Si vous avez une couche arable en bonne santé, vous avez un sol et de la vie végétale prospère. La couche arable est le catalyseur. »