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Rapport aux producteurs canadiens

Programme d'atténuation des gaz à effet de serre pour le secteur de la gestion des sols et des éléments nutritifs de l'agriculture canadienne

Initiative commanditée par le gouvernement du Canada, Plan d'action 2000 sur le changement climatique

B. Les éléments nutritifs des cultures en fonction des besoins aident à minimiser les émissions d'oxyde nitreux

Les pratiques diffèrent à l'échelle nationale, mais les objectifs restent les mêmes

Tous les agriculteurs veulent en avoir pour leur argent en matière d'engrais et d'éléments nutritifs. Les divers profils d'humidité et de température à l'échelle nationale créent des différences régionales vis-à-vis des questions liées à la gestion des éléments nutritifs, ce qui provoque une séparation est-ouest en matière de gestion des engrais qui est non seulement efficace, mais provoque l'effet le moins négatif sur l'environnement.

Par exemple, les conditions d'humidité élevée que l'on retrouve dans certaines parties du Manitoba jusqu'à la côte est augmentent non seulement le risque de lessivage de l'azote et autres éléments nutritifs du sol, mais dans des conditions d'humidité élevée du sol, l'engrais libère également de l'azote dans l'atmosphère. Ce procédé, connu sous le nom de dénitrification, provoque une perte économique directe sur le plan des engrais. De même, une partie de l'azote se perd sous forme d'oxyde nitreux, soit l'un des gaz à effet de serre les plus dangereux avec un effet 300 fois plus important que le bioxyde de carbone.

Risque de dénitrification

La dénitrification est la conversion du nitrate dans le sol en azote gazeux, que le nitrate provienne d'un engrais commercial ou du fumier, ou encore qu'il soit fixé par les légumineuses.

Pour les producteurs, la dénitrification représente une perte économique pouvant atteindre deux à quatre livres de nitrate par acre par jour, alors que le sol est à l'état saturé. Les émissions d'oxyde nitreux peuvent varier de 0,5 à 4 livres d'azote par acre par année, selon l'humidité et la température. Cette échelle s'applique aux champs non amendés avec du fumier et elle est probablement plus élevée pour les champs amendés avec du fumier.

Toutefois, il est possible de gérer la dénitrification. Bien que les agriculteurs soient incapables de contrôler les conditions météorologiques, ils peuvent recourir à des techniques de gestion pour protéger l'azote et réduire la production d'oxyde nitreux.

Analyse d'azote

Mieux doser la quantité d'éléments nutritifs en fonction des besoins des récoltes constitue un important défi dans l'est du Canada. Encore une fois, des différences climatiques entre l'est et l'ouest du Canada entrent en jeu. L'oxyde nitreux est davantage une préoccupation sur une base unitaire dans l'est, ce qui signifie qu'une plus grande quantité d'oxyde nitreux est produite par acre, mais avec le territoire plus vaste du milieu semi-aride de l'ouest, les émissions globales d'oxyde nitreux pourraient s'avérer plus considérables.

Le manque de fiabilité des analyses du sol pour l'azote complique la question de l'équilibre des éléments nutritifs dans l'est du Canada. Les analyses d'azote ne sont pas fiables en raison des taux élevés d'humidité. Les producteurs appliquent des taux traditionnels d'azote et procèdent à des applications souvent trop généreuses pour s'assurer que les cultures ont suffisamment d'azote. Cependant, les excès d'azote peuvent s'infiltrer dans le sol ou être soumis à la dénitrification en sols mouilleux.

Un climat froid peut être le meilleur ami des producteurs manitobains. Alors que la dénitrification peut se produire pendant l'année, les producteurs n'ont pas à s'inquiéter de voir l'azote résiduel s'infiltrer pendant l'hiver. Rien n'est perdu avec cinq à sept mois de sol gelé.

Stratégies de gestion des GES

Le Dr Phillippe Rochette, un chercheur scientifique spécialisé dans les gaz à effet de serre, a quelques conseils pour les agriculteurs afin d'assurer une meilleure gestion des exigences des cultures en matière d'azote :

  • En l'absence d'analyses d'azote précises, épandre l'engrais en bandes près de la rhizosphère des cultures juste avant l'ensemencement aide à obtenir le maximum d'assimilation une fois que les cultures se mettent à croître.
  • Les techniques d'agriculture de précision qui appliquent des engrais à taux variable selon les types de sol ou les applications fractionnées d'engrais lors de la plantation et à mi-chemin de la saison de croissance peuvent aider à éviter l'application excessive.
  • L'analyse des éléments nutritifs du fumier aide à doser les éléments nutritifs en fonction des besoins des cultures.
  • Pour retirer l'excès d'azote, on peut planter une céréale d'hiver ou autre culture de couverture après la récolte.
  • Toutes mesures visant à améliorer le drainage agricole, comme le creusement de fossés ou le drainage par tuyaux, permettront un séchage plus rapide des sols et une réduction de la dénitrification des sols engorgés d'eau.

Articles :

  1. NOUVELLE ÈRE POUR LE SOL, la gestion des éléments nutritifs enracine le programme des gaz à effet de serre
  2. Les éléments nutritifs des cultures en fonction des besoins aident à minimiser les émissions d'oxyde nitreux
  3. Le travail réduit du sol aide à l'atteinte des objectifs en matière de gaz à effet de serre
  4. Les superficies en jachère continuent de chuter
  5. Mise à jour du projet national : Gestion des éléments nutritifs, compostage, production de fourrage, sensibilisation