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Rapport aux producteurs canadiens

Programme d'atténuation des gaz à effet de serre pour le secteur de la gestion des sols et des éléments nutritifs de l'agriculture canadienne

Initiative commanditée par le gouvernement du Canada, Plan d'action 2000 sur le changement climatique

E. Mise à jour du projet national : Gestion des éléments nutritifs, compostage, production de fourrage, sensibilisation

1. Projets de gestion des éléments nutritifs

Gestion du fumier et des engrais pour optimiser les champs et profiter à l'environnement

Un projet près de Fort St. John, en C.-B., et trois autres en Ontario sont conçus de manière différente, mais visent un même objectif

Bien que ces projets pilotes à la ferme soient séparés par une distance de près de 5000 km, les producteurs du nord-est de la C.-B. et du centre de l'Ontario reflètent un intérêt national parmi les agriculteurs, soit de pouvoir gérer les éléments nutritifs des cultures aussi efficacement que possible.

Dans la région de la rivière de la Paix, en C.-B., les projets pilotes à la ferme cherchent à déterminer la façon par laquelle divers taux de fumier peuvent améliorer la productivité des pâturages et champs de foin, ainsi que la longévité des peuplements. En Ontario, les producteurs examinent une combinaison d'analyses de sols et divers taux d'engrais commercial dans le blé d'hiver en tant que techniques visant à réduire la quantité d'azote résiduel dans le sol.

Près de Fort St. John, les producteurs apprennent que les taux recommandés de fumier sec améliorent le rendement des cultures fourragères et peuvent accroître la longévité des pâturages et champs de foin. Rallonger la productivité des peuplements de plantes fourragères augmente la quantité de bioxyde de carbone retirée de l'atmosphère et stockée ou séquestrée sous forme de carbone dans le sol.

Le réglage précis des taux d'application d'engrais commercial par le biais de projets pilotes à la ferme près d'Ottawa, Milton et London démontre aux agriculteurs de blé d'hiver ontariens qu'ils peuvent se servir de taux d'engrais plus bas que les taux recommandés pour maintenir un rendement optimal des grains, ce qui signifie qu'il existe une réduction de l'excès d'azote dans le sol qui risque de s'infiltrer dans l'eau souterraine ou de se perdre dans l'atmosphère sous forme d'oxyde nitreux au moyen d'un processus connu sous le nom de dénitrification.

Ciblage des taux d'application pour le fumier

Taux adéquats favorables aux cultures et à l'environnement

Le fumier de bétail géré et appliqué correctement peut constituer une source précieuse et écologique d'éléments nutritifs pour les grandes cultures annuelles et vivaces.

Un projet de recherche a évalué une gamme de paramètres d'application de fumier, du sol et environnementaux dans de nombreux sites à l'échelle de la Saskatchewan.

À la suite de taux excessifs de fumier (taux dépassant ce que la culture peut utiliser) appliqués année après année, des concentrations élevées de nitrate s'accumulent dans le sol. Par ces traitements, on a également constaté une production accrue d'oxyde nitreux, soit l'un des gaz à effet de serre les plus dangereux.

Lorsque des taux adéquats de fumier sont appliqués, les cultures réagissent bien, le sol n'est pas chargé d'éléments nutritifs, il n'y a aucune accumulation de sel et aucune preuve de lessivage ou de grandes pertes dans l'atmosphère.

En plus des taux d'application adéquats, la recherche a également démontré qu'un équilibre adéquat des éléments nutritifs est important pour les cultures agricoles. Par exemple, divers types de fumier posséderont différentes disponibilités du phosphore et de l'azote. Dans le cas du fumier de bovins, on peut devoir recourir à de l'azote chimique supplémentaire pour aider la culture à utiliser le phosphore du fumier. De même, une quantité supplémentaire de soufre peut être nécessaire pour atteindre le niveau élevé d'azote du lisier de porc liquide.

Les recommandations pour l'azote remisent en question

Les recommandations actuelles pourraient s'avérer trop élevées

Les producteurs de maïs ontariens qui suivent les taux standards recommandés d'application d'azote pourraient appliquer une quantité plus grande que la quantité considérée comme optimale.

Cette découverte a été faite au début d'un projet qui évaluait différentes analyses d'azote du sol et divers taux d'application. Les résultats ont démontré que les taux d'engrais optimaux sont moins élevés que les taux standards recommandés utilisés par la plupart des producteurs de maïs, ce qui signifie que les producteurs sont en mesure de réduire les taux d'azote et, ce faisant, il pourrait y avoir un risque moindre de lessivage d'un excès d'azote dans le sol ou de libération dans l'atmosphère.

Neuf sites de démonstration en Ontario ont procédé à des analyses d'azote en quatre occasions différentes pendant la saison de croissance. Les analyses d'azote tout au long de la saison de croissance permettront de dresser un meilleur portrait de la quantité d'azote actuellement disponible et utilisée.

La vérification de l'azote à divers stades aidera également à déterminer la quantité d'excès d'azote qui demeure dans le sol pour divers taux d'engrais. Ces outils pourraient aider les producteurs à réduire les taux d'application et les coûts des intrants, ainsi que la quantité d'azote excédentaire dans le sol.

2. Projets de compostage

Nouvelle vague de recherche sur le compostage

Le mélange de compost donne des résultats prometteurs d'un océan à l'autre

Des projets de compostage uniques à deux des côtes du Canada démontrent un énorme potentiel en matière de façons novatrices d'améliorer la gestion des éléments nutritifs et la fertilité des cultures.

Le compost fait à partir d'un mélange de fumier avicole, carapaces de crabes et déchets aide un producteur de légumes de Terre-Neuve à produire un produit de grande qualité à rendement élevé pour son marché provincial. De l'autre côté du pays, un projet de compostage utilisant une quantité grandissante de fumier avicole et de résidus de jardin démontre que le compost prêt peut s'avérer une source importante d'éléments nutritifs pour les producteurs de cultures biologiques des basses terres du Fraser, en Colombie-Britannique.

Le mélange de compost utilisé dans le projet de Terre-Neuve et du Labrador est composé d'environ 30 % de déchets de crabe et de 70 % de fumier avicole ou d'étable. Il a été appliqué à des cultures légumières au printemps. Les résultats ont démontré que le mélange de compost utilisé au cours de ce projet peut réduire la dépendance envers les engrais commerciaux dispendieux tout en produisant des cultures de grande qualité.

L'objectif général du projet de la C.-B. était de minimiser les conséquences sociales et environnementales de la grande industrie avicole de la province en évitant l'application excessive d'éléments nutritifs de fumier tout en maintenant des systèmes de cultures agricoles durables. Dans le cadre du projet, des résidus de jardin compostés de la ville de Vancouver ont été partiellement incorporés au fumier avicole.

Le produit final, soit un mélange de compost, s'est avéré une source idéale d'éléments nutritifs pour les agriculteurs biologiques, surtout parce que les températures élevées produites lors du processus de compostage tuent les agents pathogènes et autres éléments indésirables présents dans le matériel de compostage.

Autres projets de gestion des éléments nutritifs

Autres projets de travail réduit du sol soutenus par le PAGES que l'on trouve au www.soilcc.ca.

  • Potentiel d'injection de lisier liquide à l'Î.-P.-É. Un projet de trois ans d'injection directe de lisier de porc liquide dans le sol démontre aux producteurs de l'Île-du-Prince-Édouard que cette pratique a le potentiel d'accroître le rendement des cultures, de diminuer les coûts des intrants et d'être avantageuse pour l'environnement.

    Dans un des deux projets, le lisier de porc liquide a été injecté dans le sol pour fertiliser une culture de pommes de terre. Dans le deuxième projet, le lisier de porc liquide a été injecté vers la fin de l'été dans du chaume d'orge après la récolte. Les sites sont surveillés pour évaluer la diminution de l'odeur, les pertes d'ammonium et le rendement des cultures.

  • Le budget d'azote aide à réduire les taux d'application. La première année, d'un projet pilote/de recherche de trois ans à trois sites en Ontario, a démontré qu'une analyse printanière des éléments nutritifs du sol avec un taux d'application moyen des engrais a produit des cultures optimales et a minimisé la quantité d'azote résiduel dans le sol pouvant être perdue par lessivage ou dénitrification.

    Le projet ontarien est fondé sur ce qu'on appelle un « budget d'azote ». Il consiste à mesurer toute la quantité d'azote qui intervient dans la production de la culture, puis de mesurer les taux d'azote dans les extrants, soit le grain et la paille, de façon à trouver le reste. Idéalement, les taux d'éléments nutritifs devraient satisfaire aux exigences des cultures sans extraire l'azote organique du sol ou laisser une grande quantité d'excès d'azote pouvant être dangereuse pour l'environnement.

  • Importance de l'équilibrage des éléments nutritifs avec les besoins des cultures. Deux projets financés conjointement par la Saskatchewan Soil Conservation Association et le PAGES mettent l'accent sur la nécessité de mieux équilibrer les éléments nutritifs du sol avec les besoins des cultures.

    Un des projets, près de Kindersley, a examiné un traitement d'application fractionnée de l'azote appliqué en postlevée. L'azote a été mis avec la semence et le reste a été appliqué en culture au moyen de deux méthodes d'application liquide différentes.

    L'autre projet a examiné l'efficacité de l'engrais azoté à action retardée. Il s'agit de solutions traditionnelles d'engrais d'urée ou d'engrais à base de nitrate d'ammonium et d'urée traitées avec de l'Agrotain, un additif qui retarde la libération de l'azote. La valeur potentielle est que des taux plus élevés d'engrais peuvent être appliqués lors de l'ensemencement avec un risque moindre de dommages aux semis et un minimum de pertes d'azote.

    Une fertilité équilibrée aide à optimiser le rendement des cultures, ce qui signifie que les producteurs en obtiennent plus pour leur argent en matière d'engrais. En conditions d'humidité élevée, l'excès d'azote, par exemple, peut s'infiltrer sous la profondeur de l'enracinement ou se perdre comme gaz à effet de serre dangereux, comme l'oxyde nitreux par la dénitrification. Ainsi, les analyses annuelles du sol constituent un outil important non seulement pour déterminer les éléments nutritifs résiduels qui demeurent dans le sol, mais pour établir des objectifs réalistes en termes de rendement.

3. Projets de production de fourrage

Un projet de fourrage démontre un avantage pour l'environnement

Il n'est pas nécessaire de travailler le sol des vieux pâturages

Un projet pilote agricole de trois ans dans la région de la rivière de la Paix, en C.-B., est conçu pour démontrer aux producteurs de l'Ouest canadien des techniques améliorées de semis direct qui ne procureront pas uniquement des avantages pour la production de cultures et de fourrages, mais également pour l'environnement.

Le but du projet est de montrer aux agriculteurs un processus pour le rétablissement des prairies à faucher sans avoir à travailler le sol des champs, une pratique courante qui non seulement augmente le risque d'érosion, mais libère du bioxyde de carbone stocké dans l'atmosphère.

Dans bon nombre de situations, les prairies à faucher ensemencées de fourrages locaux ont une durée de vie limitée et doivent être réensemencées ou rétablies après un certain nombre d'années. Une approche traditionnelle à de nombreux endroits était de labourer et d'ouvrir avec un disque ces champs par plusieurs opérations de travail du sol, puis de replanter un mélange de graines vivaces pour prairies.

Il semble que la meilleure stratégie soit de pulvériser le vieux peuplement de plantes fourragères avec un herbicide, d'effectuer un semis direct pour une culture annuelle, comme l'avoine ou l'orge, pour deux ans de préférence et puis de rétablir une nouvelle culture vivace dans les chaumes de céréales. Toutes ces étapes sont possibles sans travail du sol.

Un peuplement de plantes fourragères productif et en santé capte le bioxyde de carbone de l'atmosphère et le stocke ou le séquestre en tant que carbone dans les feuilles et racines, ainsi que dans le sol. Le travail traditionnel du sol, qui laboure le gazon de placage et expose le sol, libère ce carbone séquestré.

La luzerne est importante aux systèmes de culture

Il y a une place pour la luzerne dans la rotation annuelle

La luzerne, en tant que pâturages ou foins à faucher, peut permettre une précieuse pause en termes de rotations annuelles des cultures, selon des études manitobaines.

Le projet pilote, financé en partie par le PAGES, suggère que la culture fourragère peut produire un rendement économique convenable, aider à l'amélioration de la qualité du sol et contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Le but du projet est de démontrer que la luzerne peut constituer un élément très utile de la rotation annuelle des cultures. Les nouveaux produits de contrôle de la météorisation sur le marché permettent le pâturage sans danger de la luzerne et la légumineuse peut également produire un bon rendement comme prairie de fauche.

Le projet compare la productivité et les facteurs économiques du pâturage de luzerne au foin de luzerne à un site unique et examine également les avantages de la luzerne en matière d'amélioration du sol au deuxième emplacement.

4. Projets de travail réduit du sol

Le producteur récolte des avantages économiques et environnementaux du semis direct

Comparaison d'une vaste gamme d'avantages avec d'autres systèmes

La courbe d'apprentissage pour les producteurs qui commencent par un système de semis direct peut être raide, mais il y a plusieurs avantages économiques et environnementaux au bout de l'arc-en-ciel de la production.

Après quinze ans passés à élaborer un système de semis direct, Robert Acton, qui, avec sa famille, s'occupe d'un parc d'engraissement près de Sackville, au N.-B., est convaincu que le semis direct de fourrages, des grains et même du maïs est à la fois productif et rentable.

« La diminution du temps passé au champ et la réduction de l'utilisation de carburant représentent deux grandes économies », affirme Acton. « Cependant, la pratique a également profité à l'environnement par le biais d'une réduction du compactage du sol, de l'érosion et des émissions des gaz à effet de serre. »

Une partie des cultures agricoles d'Acton est surveillée dans le cadre du PAGES, au sein desquelles le travail traditionnel du sol est comparé à un travail réduit ou de conservation, de même qu'au semis direct.

Il existe une vaste gamme d'avantages au système de semis direct, comparativement aux autres traitements. Alors que les rendements sont semblables avec tous les systèmes, il y a une diminution des coûts pour le producteur. La consommation de carburant est réduite de 60 % ou plus et la santé du sol s'en trouve améliorée, ce qui accroît le potentiel de séquestration du carbone.

En examinant les chiffres recueillis, on constate un net avantage économique en termes de réduction des coûts de production et d'augmentation du bénéfice net par acre avec le travail de conservation et le semis direct, comparativement au travail traditionnel. Les économies de carburant résultant d'une diminution des opérations au champ ont contribué à la réduction des coûts de production.

Un ouvreur à faible perturbation remporte le défi

Il minimise la perturbation du sol et maximise les cultures agricoles

Quand l'humidité constitue un facteur limitant, choisir le bon ouvreur de semoir à grains peut jouer un rôle important dans l'atteinte de rendements optimaux tout en procurant un avantage pour l'environnement.

Une étude de quatre ans confirme qu'une perturbation moindre du sol lors de l'ensemencement produit une culture caractérisée par un meilleur retour et un meilleur rendement. Une comparaison établie par la Saskatchewan Soil Conservation Association de quatre ouvreurs de semoir différents a démontré que l'ensemencement avec un disque rayonneur à angle a produit les meilleurs rendements et les plus basses populations de plantes nuisibles.

Les cultures ensemencées avec des ouvreurs à disques ou à couteaux à faible perturbation ont démontré une amélioration considérable de la production et une plus petite quantité de plantes nuisibles par rapport aux cultures produites avec les ouvreurs à forte perturbation. Les ouvreurs à faible perturbation réduisent au minimum la germination des graines de plantes nuisibles et aident à conserver l'humidité du sol. Une brûlure effectuée avant l'ensemencement au moyen d'un herbicide total comme le glyphosate constituait également un facteur clé dans le contrôle amélioré des plantes nuisibles avec les appareils à faible perturbation.

En plus d'améliorer la production, les ouvreurs à faible perturbation sont avantageux pour l'environnement. Une perturbation réduite du sol diminue le risque de libération dans l'atmosphère du carbone stocké dans le sol et l'amélioration de l'humidité du sol réduit le risque de libération d'azote dans l'atmosphère par volatilisation.

Autres projets de travail réduit du sol

Autres projets de travail réduit du sol soutenus par le PAGES que l'on trouve au www.soilcc.ca.

  • Systèmes de semis direct et de travail de conservation du sol mis à l'essai dans sept sites du Nouveau-Brunswick. Les projets du Nouveau-Brunswick ont procédé à la comparaison du semis direct et du travail de conservation du sol au travail traditionnel. Le travail traditionnel du sol implique le labourage de champs à l'automne, suivi d'une combinaison de passages avec un disque et des herses afin de préparer une planche de semis. Les traitements de travail de conservation du sol ont fait usage d'un chisel à faible perturbation pour le premier passage, suivi d'un deuxième travail du sol. Le système de semis direct signifie planter des cultures directement dans les résidus de culture avec soit le semoir à maïs pour semis direct ou un semoir à grains sur chaume.

    À la plupart des sites, les coûts des intrants étaient en baisse lors de l'utilisation du semis direct et du travail de conservation, mais les rendements du maïs à ensilage étaient également à la baisse. L'orge à ensilage a produit un bon rendement en semis direct. Les besoins en carburant ont été coupés d'environ 40 % lors du travail de conservation et d'environ 70 % en semis direct.

  • Le blé d'hiver mis à l'essai avec les agriculteurs manitobains. Trois projets pilotes donneront aux agriculteurs manitobains une meilleure idée de la façon avec laquelle inclure le blé d'hiver ou une autre céréale d'hiver en rotation peut procurer des avantages économiques et environnementaux. Un nombre croissant de producteurs constatent les nombreux avantages sur le plan économique et de la production du blé d'hiver. En tant que culture qui convient bien aux systèmes de semis direct, elle joue également un rôle important dans la gestion des éléments nutritifs et la séquestration du carbone de l'atmosphère.

    Un site de démonstration de la Manitoba Zero Tillage Association Research Farm à Brandon procède à la comparaison du rendement de quatre variétés de blé d'hiver ainsi que de l'efficacité de l'engrais azoté à action retardée. La valeur potentielle est que l'azote libéré est synchronisé avec l'assimilation des plantes et peut potentiellement réduire les pertes d'azote par volatilisation.

    Dans l'ouest du Manitoba, le blé d'hiver et autres céréales d'hiver telles que le seigle d'automne et la triticale d'hiver sont évalués sur le plan de l'ensilage dans des parcelles d'essai en grandeur réelle. Il y a un intérêt croissant pour le blé d'hiver pour bon nombre de raisons. Le but est de démontrer qu'il s'agit d'une culture très utile à inclure en rotation du point de vue de la production, de l'environnement et de la conservation.

  • Les fourrages en semis direct peuvent raviver le rendement des pâturages. Les agriculteurs de la région de la rivière de la Paix, en C.-B., évaluent présentement les avantages liés au rajeunissement des pâturages et champs de foin par l'utilisation d'un nouveau semoir pour semis direct qui peut faire économiser les coûts de défriche et garder les champs en production continue.

    Un semoir pneumatique Flexi-coil et un tracteur John Deere accessibles aux fins de démonstration et location aux agriculteurs de la région font parties d'un projet par l'entremise de la Peace River Forage Association of B.C. et du PAGES. L'objectif général est de démontrer le potentiel de conservation de la productivité des champs de foin et pâturages pour une plus longue période.

    Le semoir de six mètres est doté de trois réservoirs d'air et d'ouvreurs Barton à faible perturbation. Le semoir pneumatique peut s'adapter à de nombreux traitements. Trois réservoirs permettent l'application d'engrais, l'ensemencement d'une céréale et d'un mélange de graminées/légumineuses, ou toute combinaison des trois en un seul passage. Bon nombre de combinaisons sont démontrées avec des parcelles de tailles pouvant atteindre 20 acres. Au moins un site de démonstration comparera également le coût et la productivité liés au défrichement d'un champ de foin et au réensemencement par opposition au rajeunissement.

Éducation et sensibilisation un objectif du programme

Vaste gamme de services offerts

Le Conseil de conservation des sols du Canada (CCSC) a puisé dans ses nombreuses années d'éducation en conservation des sols pour concevoir son programme d'exécution pour le domaine de la gestion des sols et des éléments nutritifs du PAGES.

Un des buts était de fournir aux agriculteurs des renseignements pratiques et utiles, affirme Doug McKell du CCSC. Un autre but était d'offrir aux producteurs une occasion de partager leurs opinions lors de conférences et visites et, comme troisième but, de constater les résultats et apprendre directement des autres producteurs du milieu.

Ressources clés

La première étape était l'élaboration d'une stratégie nationale de communication dans le but de fournir des renseignements opportuns utiles directement entre les mains d'intervenants clés, comme les médias d'information, les associations agricoles et les personnes vivant en milieu rural.

« Nous avons accompli cette étape au moyen de communiqués réguliers et d'articles d'information distribués par l'entremise d'un service national de distribution. Le site Web du CCSC, www.soilcc.ca , offre un accès rapide, économique et facile aux plus récents renseignements. »

Voici deux exemples de ressources créées conformément au PAGES :

  • Guide touristique des sources et puits de gaz à effet de serre. Ce livret convivial de 50 pages explique la relation fondamentale entre la production bovine canadienne et les gaz à effet de serre. Il fixe également les bases de la question des GES, explique Lee Pengilly, l'éleveur, conseiller et écrivain de la Saskatchewan qui a produit le guide.

    Un message important qui revient dans le guide des sources et puits est que les pratiques qui accroissent l'efficacité, comme les systèmes de pâturage en rotation, l'amélioration de la qualité et gestion des aliments du bétail et la gestion adéquate des éléments nutritifs et du fumier non seulement améliorent la rentabilité des élevages, mais aident à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

  • Trousses d'essai en plein champ pour les gaz à effet de serre. Ces trousses, élaborées pour fournir aux agriculteurs et éleveurs canadiens un meilleur portrait de la différence qu'apportent les techniques de gestion améliorées dans la réduction des émissions de GES, sont le résultat d'un effort de collaboration entre le Dr David Burton, chaire de recherche en changement climatique au Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse à Truro et le Dr David Lobb, un professeur adjoint au département des sciences du sol de l'Université du Manitoba.

    « La valeur réside dans le fait que les personnes impliquées dans la recherche et les projets pilotes sont en mesure de recueillir des échantillons de gaz pendant que le travail se fait », affirme Burton. « Maintenant, nous pouvons non seulement affirmer qu'une certaine pratique fait une différence au chapitre des émissions de gaz à effet de serre, mais nous pourrons la quantifier. »

Démonstrations, ateliers et colloques

Les plus puissants outils pour expliquer la valeur économique et environnementale des pratiques de gestion bénéfiques étaient probablement les démonstrations en plein champ, les ateliers et les colloques.

« Notre but était d'organiser des visites pertinentes et instructives des sites de démonstration d'un océan à l'autre », déclare Jean-Louis Daigle, directeur administratif du Centre de conservation des sols et de l'eau de l'Est du Canada. « Les gens apprennent davantage lorsqu'ils voient des exemples et les visites offertes par le biais du réseau « Prise en charge » ont permis aux personnes de voir de plus près certains des passionnants projets novateurs entrepris par le Programme d'atténuation des gaz à effet de serre. Ils ont également exposé certaines pratiques de gestion bénéfiques (PGB), qui peuvent procurer des avantages économiques sur le plan de la production et à l'environnement, en pleine action. »

On a vivement conseillé aux producteurs de partout au Canada d'assister aux colloques organisés dans le but d'aider les producteurs à en apprendre davantage sur la façon d'améliorer la rentabilité de leur exploitation agricole tout en profitant à l'environnement. Par exemple, le récent colloque Prise en charge des agriculteurs qui s'est déroulé du 16 au 17 mars 2006 à Moncton, au N.-B.

« Le colloque a mis l'accent sur ce que nous avons appris au cours des trois dernières années par le biais de projets soutenus par le Programme d'atténuation des gaz à effet de serre », déclare Jérôme Damboise, du Centre de conservation des sols et de l'eau de l'est du Canada.

« L'objectif était le même que pour tous nos efforts visant à fournir aux producteurs des renseignements pratiques et utiles sur la façon de mettre en œuvre des pratiques de productions animales et agricoles qui non seulement améliorent l'efficacité générale, mais présentent des avantages pour l'environnement, comme la façon d'améliorer l'efficacité de la gestion des éléments nutritifs et des stratégies d'alimentation du bétail, ainsi que la façon de maintenir des rendements optimaux tout en réduisant les opérations de travail du sol. »

PROGRAMME D'ATTÉNUATION DES GAZ À EFFET DE SERRE POUR LE SECTEUR AGRICOLE CANADIEN LES COMPOSANTS DE LA GESTION DES SOLS ET DES ÉLÉMENTS NUTRITIFS SONT ADMINISTRÉS PAR :

Conseil de conservation des sols du Canada o Boîte postale 234, Indian Head (SK) S0G 2K0 Tél. : (306) 695-4212 Site Web : www.soilcc.ca


Articles :

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